Une étape à Blois sur la route de Beauval : château, Maison de la Magie et vieille ville
L’essentiel à retenir 🌍
À une cinquantaine de minutes du ZooParc de Beauval, Blois fait une étape idéale la veille de la visite. En une demi-journée, on voit l’essentiel à pied : la Maison de la Magie et son dragon aux fenêtres (16 € par adulte, 8 € de 6 à 17 ans, spectacle inclus), la Fondation du doute, le château royal et la vieille ville jusqu’à l’escalier Denis-Papin. Vérifiez le calendrier avant de partir : la Maison de la Magie n’ouvre que pendant les vacances scolaires et la belle saison.
Quand on habite en Bourgogne, le ZooParc de Beauval n’est pas la porte à côté. Plutôt que de partir aux aurores et d’arriver fatigués devant les pandas, nous avons coupé la route la veille, à l’automne 2025, pendant les vacances de la Toussaint : une nuit d’hôtel à Blois, et un après-midi pour découvrir la ville. Il pleuvait, il faisait gris, et nous avons pourtant passé un très bon moment. Blois se prête bien à ce genre d’étape : tout se fait à pied, et deux de ses musées amusent autant les enfants que les parents.
Pourquoi s’arrêter à Blois avant Beauval
Préfecture du Loir-et-Cher, Blois compte environ 47 000 habitants et s’étage sur un coteau de la rive droite de la Loire. Le ZooParc de Beauval, à Saint-Aignan, est à une cinquantaine de kilomètres au sud, soit 45 à 50 minutes de voiture. En dormant sur place, on arrive à l’ouverture du parc sans se lever à 5 heures, et l’on ajoute au voyage une ville royale que l’on aurait sinon traversée sans la voir.
Le centre historique tient dans un mouchoir de poche. Du château à la cathédrale, il n’y a pas plus de dix minutes de marche, à condition d’accepter de monter et de descendre : la ville est construite sur deux buttes, reliées par des escaliers et des ruelles en pente.
La Maison de la Magie, le musée que les enfants ne veulent plus quitter
Nous avons commencé par là, et c’était la bonne idée pour motiver les troupes. La Maison de la Magie Robert-Houdin occupe une grande demeure bourgeoise de brique et de pierre, bâtie en 1856 sur la place du Château, juste en face de l’entrée du monument. Avant même d’acheter les billets, le spectacle commence dehors : toutes les demi-heures, un dragon à six têtes sort des fenêtres en grinçant, sous les yeux des passants qui attendent, parapluie ouvert, le museau en l’air.
Le musée, inauguré en 1998, rend hommage à Jean-Eugène Robert-Houdin, né à Blois en 1805. Horloger de formation, il invente des automates puis ouvre à Paris, en 1845, un théâtre où il présente ses « soirées fantastiques ». On le considère comme le père de la magie moderne. C’est en son honneur qu’un jeune illusionniste américain, Ehrich Weiss, choisira plus tard le nom de scène de Houdini.
La visite se déroule sur cinq niveaux et plus de 2 000 m² : illusions d’optique, automates, affiches anciennes, salles consacrées à Robert-Houdin et à ses inventions, et un « grenier magique » pour les plus jeunes. Le clou reste le spectacle de magie donné dans le théâtre du musée, inclus dans le billet et joué plusieurs fois par jour. Les enfants en parlent encore.
Côté pratique : comptez 1 h 30 à 2 heures. Tarifs 2026 : 16 € par adulte, 12 € en tarif réduit, 8 € de 6 à 17 ans, gratuit avant 6 ans. Le musée est ouvert de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30, mais pas toute l’année : tous les jours d’avril à fin août, les week-ends de septembre, puis pendant les vacances de la Toussaint et de Noël. En dehors de ces périodes, il est fermé. Consultez le calendrier avant de construire votre étape autour de lui.
La Fondation du doute, un musée qui fait sourire
Notre deuxième visite était moins attendue. À quelques rues de là, dans l’ancien couvent des Minimes, la Fondation du doute présente depuis 2013 des œuvres de l’artiste Ben et du mouvement Fluxus. Dès la cour, on tombe sur le Mur des mots : un grand mur couvert de 313 plaques émaillées, où Ben a écrit de sa célèbre écriture ronde des phrases tantôt drôles, tantôt déroutantes.
À l’intérieur, plusieurs centaines d’œuvres jouent avec les objets du quotidien, les mots et l’absurde. Ce n’est pas un musée où l’on chuchote. Les enfants, que nous pensions devoir traîner, ont passé leur temps à lire les phrases à voix haute et à nous demander si « ça, c’est vraiment de l’art ». Ce qui est exactement la question que pose le lieu.
Côté pratique : la Fondation du doute se trouve au 14 rue de la Paix. Elle n’ouvre que l’après-midi, du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h 30, de février au 20 décembre environ. Tarifs 2026 : 7,50 € par adulte, 3,50 € de 6 à 17 ans. Un billet jumelé avec la Maison de la Magie, vendu uniquement sur place, revient à 18,50 € par adulte et 9,50 € par enfant.
Le château royal de Blois, vu de la ville
Faute de temps, nous n’avons pas visité l’intérieur du château royal, et c’est notre regret. Nous en avons fait le tour par l’extérieur, ce qui donne déjà une idée de sa démesure. Côté ville, la façade des Loges domine la rue du haut de ses rangées de balcons superposés : François Ier l’a fait élever au XVIe siècle, en s’inspirant des palais italiens.
Le château résume à lui seul quatre siècles d’architecture française. Autour de la cour se font face la salle des États, gothique, du XIIIe siècle, l’aile Louis XII en brique et pierre, l’aile François Ier et son célèbre escalier à vis, et l’aile classique dessinée par François Mansart pour Gaston d’Orléans. Sept rois et dix reines de France y ont séjourné. C’est aussi là que le duc de Guise fut assassiné sur ordre d’Henri III, le 23 décembre 1588.
Si vous disposez d’une journée complète, la visite se fait en 1 h à 1 h 30 (16 € par adulte, 8 € de 6 à 17 ans, tablette de visite HistoPad incluse). Le billet jumelé château et Maison de la Magie coûte 24 € par adulte et 12 € par enfant, soit une belle économie par rapport aux deux billets séparés. Si vous dormez sur place entre avril et fin septembre ou pendant les vacances de la Toussaint, gardez votre soirée pour le son et lumière : projeté chaque soir sur les façades de la cour, il dure 45 minutes et retrace en images l’histoire du château et de ses rois. Et si les châteaux de la Loire vous tentent, nous avons raconté notre visite du château de Chenonceau, à une heure de route.
La vieille ville à pied
Le reste de l’après-midi s’est passé à marcher. Pour vous repérer, suivez les clous de bronze scellés dans les trottoirs : ils balisent quatre circuits de découverte en accès libre, chacun marqué d’un emblème (le porc-épic, la fleur de lys, Saint-Nicolas et la gabarre).
Ne manquez pas l’escalier Denis-Papin, construit dans les années 1860 dans l’axe de la rue principale. Du haut de ses quelque 120 marches, la vue file tout droit jusqu’à la Loire et au pont. L’escalier porte le nom de l’inventeur né en 1647 près de Blois, pionnier de la machine à vapeur, dont la statue occupe le sommet. Depuis 2013, les contremarches sont habillées d’une grande fresque, renouvelée plusieurs fois par an, qui ne se révèle vraiment que depuis le bas de l’escalier.
Plus à l’est, la cathédrale Saint-Louis a été presque entièrement reconstruite après un ouragan en 1678. Ses vitraux contemporains, créés par l’artiste néerlandais Jan Dibbets et inaugurés en 2000, surprennent dans un édifice de cette époque. Sur la place voisine, cherchez la maison des Acrobates, une maison à pans de bois du XVe siècle dont les poteaux sont sculptés de jongleurs et de saltimbanques. Les enfants ont joué à les compter.
Pour finir, descendez jusqu’aux quais. Le pont Jacques-Gabriel, ouvert en 1724, enjambe la Loire sur onze arches, avec un obélisque en son milieu. C’est de là que l’on a la plus belle vue d’ensemble sur la ville, ses toits d’ardoise et les clochers qui dépassent.
Infos pratiques pour une étape à Blois
Se garer : le parking souterrain du Château est à 200 mètres du monument et de la Maison de la Magie (3,80 € les trois heures). Des parkings gratuits existent à dix ou quinze minutes à pied du centre.
Où dormir : pour une seule nuit, privilégiez un hôtel du centre ou des abords de la gare, afin de tout faire à pied et de ne reprendre la voiture que le lendemain matin pour Beauval.
À goûter : Blois est la ville du chocolat Poulain, fondé ici en 1848. Les chocolatiers du centre déclinent aussi des spécialités locales, comme les pavés de Blois.
Dans quel ordre : si vous arrivez en début d’après-midi, commencez par la Maison de la Magie pour caler votre visite sur une séance du spectacle, enchaînez avec la Fondation du doute avant 18 heures, et gardez la balade dans la vieille ville pour la fin de journée, quand les musées ferment.
Autour de Blois : Chambord, Cheverny et la vallée du Loir
Pour prolonger : le château de Chambord est à une vingtaine de minutes de Blois, et celui de Cheverny, qui a inspiré à Hergé le château de Moulinsart, à une vingtaine de minutes également, vers le sud. Et si vous aimez les haltes au bord de la Loire, notre escapade à Montlouis-sur-Loire, en Touraine, se combine bien avec ce trajet.
Au nord, la vallée du Loir offre une autre étape possible sur la route de Beauval. À une quarantaine de minutes de Blois, nous avions aimé visiter Vendôme, ses bras de rivière et son abbaye de la Trinité. Un peu plus loin, le village troglodyte de Trôo amuse beaucoup les enfants avec ses maisons creusées dans le coteau.
Questions fréquentes
Blois est à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Aignan, où se trouve le ZooParc de Beauval. Comptez 45 à 50 minutes de voiture. Dormir à Blois la veille permet d’arriver à l’ouverture du parc.
Commencez par la Maison de la Magie et son spectacle, poursuivez avec la Fondation du doute, puis terminez par une balade à pied dans la vieille ville : château vu de l’extérieur, escalier Denis-Papin, cathédrale Saint-Louis et pont Jacques-Gabriel.
En 2026, l’entrée coûte 16 € par adulte, 12 € en tarif réduit et 8 € de 6 à 17 ans, spectacle de magie inclus. Elle est gratuite avant 6 ans. Un billet jumelé avec le château royal revient à 24 € par adulte et 12 € par enfant.
Non. Elle ouvre tous les jours d’avril à fin août, les week-ends de septembre, puis pendant les vacances de la Toussaint et de Noël. En dehors de ces périodes, elle est fermée : consultez le calendrier avant de venir.
Les six têtes de dragon apparaissent aux fenêtres toutes les 30 minutes, pendant les heures d’ouverture du musée. L’animation, gratuite et visible depuis la place du Château, peut être suspendue en cas de mauvais temps.
C’est un musée d’art contemporain consacré à l’artiste Ben et au mouvement Fluxus, installé dans l’ancien couvent des Minimes. Il est ouvert du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h 30, de février au 20 décembre environ, pour 7,50 € par adulte et 3,50 € de 6 à 17 ans.
Le parking souterrain du Château est à 200 mètres du monument et de la Maison de la Magie, pour 3,80 € les trois heures. Des parkings gratuits sont disponibles à dix ou quinze minutes à pied du centre.

