Les plus beaux villages d’Alsace à visiter sur la Route des Vins
Article actualisé le 23 juillet 2026
Depuis la Bourgogne, l’Alsace fait partie de ces échappées qu’on s’offre sans trop réfléchir : deux heures et demie de route, et l’on change complètement de décor. Maisons à colombages penchées les unes sur les autres, géraniums aux fenêtres, cigognes sur les toits et vignes à perte de vue le long de la Route des Vins. Avec Amandine et les enfants, on y retourne à chaque saison, et à chaque fois on ajoute un ou deux villages à notre carnet. Voici ceux qui nous ont le plus marqués, entre les grands classiques du vignoble et quelques cités plus discrètes que les cars de touristes oublient encore.
L’essentiel à retenir 🌍
L’Alsace aligne cinq Plus Beaux Villages de France (Eguisheim, Riquewihr, Hunawihr, Mittelbergheim, Bergheim) et quatre lauréats du Village préféré des Français, tous sur ou près de la Route des Vins. Basez-vous à Colmar ou Sélestat : les villages se suivent à moins de dix kilomètres, faciles à enchaîner à pied ou à vélo. Comptez deux à trois jours, privilégiez le printemps ou le début d’automne pour fuir la foule, et gardez du temps pour les caveaux et le parc NaturOparC de Hunawihr avec les enfants.
Eguisheim, le village en cercles concentriques
Si vous ne deviez en voir qu’un, ce serait sans doute celui-là. Eguisheim, à environ sept kilomètres au sud-ouest de Colmar, cumule les distinctions : classé « Plus Beaux Villages de France » depuis 2003 et élu « Village préféré des Français » en 2013. Sa particularité, c’est son plan : les ruelles s’enroulent en cercles concentriques autour du château central, un tracé hérité du Moyen Âge qui fait qu’on se perd avec plaisir sans jamais vraiment s’égarer.
On considère Eguisheim comme le berceau du vignoble alsacien, et ça se ressent : caveaux, cours pavées et façades colorées se succèdent à chaque virage. Le village a d’ailleurs une histoire qui dépasse le vin, puisqu’il a vu naître en 1002, dans son château octogonal, Bruno d’Eguisheim-Dagsbourg, le futur pape Léon IX. La chapelle Saint-Léon, accolée au château, lui rend hommage avec des fresques qui retracent sa vie, une petite halte que les enfants suivent volontiers quand on leur raconte l’histoire.
Avec ses quelque 1 600 habitants et sa trentaine de vignerons en activité, Eguisheim reste un village vivant, plusieurs fois primé pour son fleurissement. Le cœur historique se parcourt en une bonne heure, mais on a pris le temps d’une dégustation dans un domaine avant de repartir. Comptez une demi-journée pour en profiter sans courir, en évitant si possible le milieu de journée en haute saison, quand la place se remplit.
Riquewihr, la perle du vignoble
Riquewihr, c’est la carte postale par excellence, et le village a bien mérité son surnom de perle du vignoble alsacien. Blotti à l’intérieur de ses remparts, à une treizaine de kilomètres au nord de Colmar, il a traversé les siècles presque intact, avec ses maisons de vignerons des XVIe et XVIIe siècles et sa tour du Dolder qui veille sur la grand-rue depuis 1291. Ce beffroi-porte de vingt-cinq mètres sonne encore les heures après plus de sept siècles.
Si le village est aussi bien conservé, c’est qu’il a été largement épargné par les grands conflits, au point de concentrer une quarantaine de monuments classés ou inscrits sur un tout petit périmètre. Sa richesse remonte au commerce du vin, dès le Moyen Âge : les vins de Riquewihr s’exportaient dans toute l’Europe, et cette prospérité se lit encore dans l’ornementation soignée des maisons de marchands. On déambule le nez en l’air, entre enseignes en fer forgé, oriels sculptés et cours cachées.
Son succès a un revers : en pleine saison, la rue principale peut devenir un fleuve de visiteurs. Notre astuce, c’est d’arriver tôt le matin ou de rester en fin de journée, quand les cars repartent et que la lumière dore les façades. Prenez le temps de vous écarter de l’axe central : les venelles latérales sont souvent désertes et tout aussi jolies. Riquewihr se combine très bien avec Hunawihr et Ribeauvillé, quasiment voisines, sur une même journée.
Kaysersberg, le coup de cœur des Français
Élu « Village préféré des Français » en 2017, Kaysersberg réunit tout ce qu’on aime en Alsace dans un mouchoir de poche. Le pont fortifié qui enjambe la Weiss, bâti en 1514 et muni de meurtrières pour surveiller la rivière, compte parmi les rares ponts de ce type en Alsace. Les ruines du château impérial, le Schlossberg, dominent le village depuis la colline ; la forteresse fut ruinée par les Suédois en 1632, pendant la guerre de Trente Ans, et la montée jusqu’au donjon récompense l’effort par une vue dégagée sur les toits et les vignes.
Dans l’église Sainte-Croix, ne manquez pas le retable de Jean Bongart, chef-d’œuvre Renaissance daté de 1518, qui illustre la Passion du Christ en une série de scènes sculptées. C’est le genre de détail qui donne de l’épaisseur à une visite et qui parle même aux enfants quand on prend le temps de leur montrer.
Kaysersberg est aussi la ville natale d’Albert Schweitzer, né ici en 1875, théologien, musicien et médecin, prix Nobel de la paix en 1952. Une maison-musée lui est consacrée dans le village. L’ensemble se prête bien à une visite en famille : les distances sont courtes, les pâtisseries nombreuses, et l’ambiance reste bon enfant même quand il y a du monde. Une étape facile à combiner avec Riquewihr, à moins de dix minutes de route.
Hunawihr, l’église fortifiée et les cigognes
Plus modeste que ses voisins, Hunawihr mérite pourtant amplement son label de « Plus Beaux Villages de France ». On y vient d’abord pour son église fortifiée du XVe siècle, entourée d’un cimetière fortifié, une disposition défensive rare qui servait autrefois de refuge aux habitants. Perchée au milieu des vignes, elle offre un point de vue superbe sur le vignoble et les collines des Vosges.
Juste à côté, le parc NaturOparC, ancien centre de réintroduction des cigognes et des loutres, a fait le bonheur des enfants. C’est l’un des sites qui ont sauvé la cigogne blanche en Alsace : l’espèce avait quasiment disparu au début des années 1970, avec seulement une poignée de couples nicheurs, avant que les programmes de réintroduction ne relancent la population, qui dépasse aujourd’hui le millier de couples dans la région.
Le parc s’étend sur environ cinq hectares et propose des démonstrations de vol et des nourrissages, avec cigognes, loutres d’Europe et grand hamster d’Alsace. Comptez une heure et demie à deux heures de visite, pour un tarif d’environ 12,50 euros par adulte et 9 euros par enfant. Il ouvre du printemps à la Toussaint, période où l’on combine facilement la découverte du parc et la balade dans le village.
Bergheim, la cité aux doubles remparts
Bergheim a connu une belle consécration en 2022 : élu « Village préféré des Français » la même année où il rejoignait la liste des « Plus Beaux Villages de France », dont le label lui a été officialisé en juin. C’est le quatrième village alsacien à décrocher ce titre télévisé, après Eguisheim, Kaysersberg et Hunspach. Cette ancienne cité médiévale, à une quinzaine de kilomètres au nord de Colmar, a conservé une double enceinte séparée par un fossé et plusieurs de ses portes, dont la Porte Haute.
Sur la place, un vieux tilleul planté vers 1300 passe pour le plus vieil arbre d’Alsace : des fêtes populaires se tenaient déjà sous ses branches au XIVe siècle. Ses fortifications figurent parmi les mieux préservées de la région, et l’on fait le tour des remparts à pied sans difficulté, un bon moyen de saisir l’organisation défensive d’une cité médiévale.
Bergheim a aussi une histoire plus sombre à raconter. Entre 1582 et 1683, une quarantaine de procès de sorcellerie y furent instruits, et plusieurs dizaines de femmes accusées de sorcellerie y furent exécutées. La Maison des Sorcières, sur la place de l’Église, en retrace le contexte historique. Le village reste pourtant paisible et fleuri, un peu à l’écart du grand flux touristique, avec de bons vignerons et des terrasses où souffler après la visite.
Mittelbergheim, le village vigneron confidentiel
Cap au nord, dans le Bas-Rhin, pour un village que beaucoup de visiteurs zappent et qui vaut pourtant le détour. Mittelbergheim, accroché au flanc d’une colline, fait lui aussi partie des « Plus Beaux Villages de France », mais il vit surtout au rythme de ses vignerons. Ici, pas de grande affluence : des cours pavées, des maisons de caractère et un calme qui tranche avec les stars de la Route des Vins.
Le village est réputé pour son grand cru Zotzenberg, un cas unique en Alsace : c’est le seul terroir classé en grand cru où le sylvaner est autorisé, aux côtés du riesling, du pinot gris et du gewurztraminer. Cette reconnaissance, obtenue en 2005 après des années de démarches, remet à l’honneur un cépage souvent boudé ailleurs. La production reste confidentielle, ce qui ajoute à l’intérêt de la dégustation.
Si vous cherchez une halte authentique, loin des boutiques à souvenirs, c’est l’adresse idéale pour prendre un verre et un repas dans une winstub de village. On y ressent une Alsace plus intime, celle des vignerons qui vous racontent leur terroir sans chichis, à deux pas des grands noms haut-rhinois mais dans une tout autre ambiance.
Hunspach, le blanc immaculé du nord de l’Alsace
Pour changer d’ambiance, montez tout au nord de l’Alsace, près de la frontière allemande. Hunspach, élu « Village préféré des Français » en 2020, tranche complètement avec les villages colorés du vignoble : ici, les maisons à colombages sont d’un blanc immaculé, et certaines ont conservé leurs vitres bombées, une curiosité qu’on ne voit presque plus ailleurs. C’est le troisième village alsacien à avoir décroché ce titre, après Eguisheim et Kaysersberg.
Ce village de l’Outre-Forêt, dont le centre est protégé au titre des monuments historiques, a gardé une allure de ferme d’antan, avec ses vergers, ses cours ouvertes et ses puits à balancier typiques de la région. On est loin des circuits classiques, et c’est justement ce qui en fait le charme : ici, on prend le temps de regarder les détails, sans se presser d’un point d’intérêt à l’autre.
À proximité immédiate, le Fort de Schoenenbourg, l’un des plus grands ouvrages de la ligne Maginot en Alsace, se visite et complète parfaitement la balade. C’est une plongée dans l’histoire du XXe siècle qui change des dégustations et qui intéresse beaucoup les enfants, entre galeries souterraines et salles de tir. De quoi équilibrer une journée entre patrimoine villageois et patrimoine militaire.
D’autres villages à glisser dans votre itinéraire
La liste pourrait s’allonger tant l’Alsace regorge de jolies étapes. Ribeauvillé, veillée par ses trois châteaux, Saint-Ulrich, Girsberg et Haut-Ribeaupierre, s’anime chaque premier week-end de septembre pour le Pfifferdaj, la fête des ménétriers réputée comme la plus ancienne d’Alsace. Turckheim garde un charme d’un autre temps, avec son veilleur de nuit qui fait encore sa ronde chaque soir à vingt-deux heures, de mai à octobre, lanterne et hallebarde à la main, une tradition attestée depuis 1540.
Si vous passez par Obernai, au pied du Mont Sainte-Odile, ne manquez pas son beffroi et son puits à six seaux Renaissance : la ville, natale de sainte Odile, patronne de l’Alsace, reste l’un des bourgs les plus animés de la Route des Vins, même si elle ne porte pas le label des plus beaux villages. Niedermorschwihr, enfin, se reconnaît de loin à son étonnant clocher vrillé, unique en Alsace, et abrite la boutique de Christine Ferber, la fée des confitures, pour une halte gourmande à quelques kilomètres de Colmar.
Comment organiser votre escapade sur la Route des Vins
Pour une première découverte, je vous conseille de baser votre séjour autour de Colmar, au cœur du vignoble et bien pourvue en hébergements, ou de Sélestat, plus pratique pour rayonner vers le nord et le Bas-Rhin. En deux ou trois jours, vous aurez largement le temps de voir Eguisheim, Riquewihr et Kaysersberg d’un côté, Hunawihr, Bergheim et Ribeauvillé de l’autre, sachant que ces villages viticoles sont souvent séparés de moins de dix kilomètres.
Si vous voyagez sans voiture, sachez qu’une navette touristique relie Colmar aux principaux villages du vignoble d’avril à octobre, une solution pratique pour éviter les problèmes de stationnement en haute saison. La Route des Vins d’Alsace, créée en 1953, est la plus ancienne de France, et elle se prête aussi bien à la voiture qu’au vélo sur ses portions les plus plates.
Côté saison, le printemps et le début de l’automne offrent le meilleur compromis : les vignes ont de la couleur, les terrasses sont ouvertes et la foule reste raisonnable. L’été concentre le plus de monde, tandis que l’hiver transforme la région en décor de conte, notamment pendant les marchés de Noël d’Alsace, à condition d’accepter les affluences. Prévoyez de bonnes chaussures pour les ruelles pavées, réservez vos hébergements à l’avance en haute saison, et gardez du temps pour les caveaux : goûter les vins sur place fait partie du voyage.
Questions fréquentes
L’Alsace compte cinq villages labellisés « Plus Beaux Villages de France » : Eguisheim, Riquewihr, Hunawihr, Mittelbergheim et Bergheim, ce dernier ayant rejoint la liste en 2022. Tous se situent sur ou à proximité de la Route des Vins, entre Colmar et Sélestat.
Hunawihr est idéal grâce au parc NaturOparC et à ses cigognes et loutres, tout proche du village. Eguisheim et Kaysersberg plaisent aussi beaucoup aux familles, avec leurs ruelles piétonnes, leurs pâtisseries et leurs nombreux nids de cigognes à repérer sur les toits.
Deux à trois jours suffisent pour découvrir les principaux villages de la Route des Vins sans se presser. En basant votre séjour à Colmar ou à Sélestat, vous rayonnez facilement, car les distances entre les villages dépassent rarement une dizaine de kilomètres.
Le printemps et le début de l’automne offrent le meilleur équilibre entre beau temps, vignes colorées et affluence raisonnable. L’été est le plus fréquenté, et l’hiver séduit pour ses marchés de Noël, très animés mais aussi très fréquentés.
Quatre villages alsaciens ont remporté le titre : Eguisheim en 2013, Kaysersberg en 2017, Hunspach en 2020 et Bergheim en 2022. C’est la région qui compte le plus de lauréats depuis la création de l’émission.
C’est possible : Colmar et Sélestat sont bien desservies par le train, et une navette touristique relie plusieurs villages du vignoble d’avril à octobre. Pour combiner plusieurs villages dans la journée en toute liberté, la voiture reste toutefois la solution la plus confortable.

