Safari au Botswana : itinéraire, parcs et conseils pour préparer votre voyage
Le Botswana figure parmi les destinations safari les plus convoitées d’Afrique australe. Le pays a fait le choix d’un tourisme « high cost, low impact » qui limite la fréquentation et préserve les écosystèmes : moins de visiteurs, plus d’animaux, des paysages préservés. Du delta de l’Okavango aux salines des Makgadikgadi, en passant par les hardes d’éléphants de Chobe, je vous partage tout ce qu’il faut savoir pour préparer votre safari au Botswana dans de bonnes conditions.
L’essentiel à retenir 🌍
Le Botswana est l’une des plus belles destinations safari d’Afrique grâce à sa politique « high cost, low impact » qui limite la fréquentation. Les sites majeurs : le delta de l’Okavango (UNESCO), le parc de Chobe et ses 130 000 éléphants, la Central Kalahari et les Makgadikgadi Pans. La meilleure période s’étend de juillet à octobre pour l’observation animalière. Comptez 4 500 à 7 000 € par personne pour 10 jours en lodge confortable. Pas de visa pour les Européens jusqu’à 90 jours, traitement antipaludéen indispensable dans le nord.
Pourquoi choisir le Botswana pour un safari
Le Botswana possède quelques atouts qui en font une destination à part dans la galaxie des safaris africains. Près de 38 % du territoire est classé en aires protégées (parcs nationaux, réserves de faune, zones de gestion communautaire), un record mondial. Le pays abrite la plus grande population d’éléphants d’Afrique (estimée à 130 000 individus), des hardes de buffles, des meutes de lycaons et des léopards en densité parmi les plus élevées du continent.
Politique touristique oblige, les hébergements sont haut de gamme et les concessions privées limitent strictement le nombre de véhicules par observation. Vous ne croiserez quasiment jamais une dizaine de 4×4 autour d’un même léopard comme cela peut arriver au Kenya ou en Tanzanie. Pour comparer, vous pouvez aussi consulter mon article sur les 15 meilleures réserves de safari en Afrique.
Les principaux parcs et réserves du Botswana
Le delta de l’Okavango
Le delta de l’Okavango est le joyau du Botswana et le plus grand delta intérieur du monde. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2014, il s’étend sur près de 15 000 km² au cœur du désert du Kalahari. Le fleuve Okavango y déverse ses eaux qui ne rejoignent jamais la mer : elles s’évaporent ou s’infiltrent dans le sable, créant un labyrinthe de canaux, de lagunes et d’îles couvertes de palmiers et d’acacias.
Le delta se découvre de plusieurs façons complémentaires : en 4×4 sur les pistes des concessions, en mokoro (la pirogue traditionnelle propulsée à la perche), à pied lors de safaris guidés, et même en vol panoramique en petit avion. La meilleure période pour le visiter est paradoxalement la saison sèche (juillet à octobre), quand le niveau d’eau est au plus haut grâce aux pluies tombées en Angola plusieurs mois auparavant. La réserve de Moremi, à l’est du delta, est l’une des plus accessibles et concentre une grande variété d’espèces.
Le parc national de Chobe
Au nord du pays, le parc national de Chobe est mondialement connu pour ses concentrations d’éléphants. La rivière Chobe attire en saison sèche des milliers de pachydermes qui viennent boire et se baigner, offrant des scènes saisissantes depuis les bateaux qui sillonnent le fleuve en fin d’après-midi. C’est l’un des rares parcs au monde où l’on peut combiner safari terrestre et safari fluvial dans la même journée.
Chobe se rejoint depuis Kasane, ville frontière du nord, à seulement 75 km des chutes Victoria au Zimbabwe. Beaucoup de voyageurs combinent les deux étapes en quelques jours. La densité d’éléphants y dépasse parfois les 50 000 individus en haute saison sèche.
Les Makgadikgadi Pans
Les Makgadikgadi Pans sont l’un des plus grands ensembles de salines au monde, vestiges d’un lac asséché il y a plus de 10 000 ans. En saison sèche, l’horizon plat à perte de vue donne une impression de bout du monde, avec un sol blanc craquelé qui réfléchit la lumière. En saison des pluies (décembre à mars), les pans se transforment en marécages temporaires qui attirent des centaines de milliers de flamants roses et hébergent l’une des dernières grandes migrations de zèbres d’Afrique australe.
Les pans se visitent depuis les villages de Gweta ou Nata, et certains lodges proposent des excursions en quad avec des nuits en plein air pour observer la voie lactée, sans aucune pollution lumineuse à des centaines de kilomètres à la ronde.
Le désert du Kalahari et la réserve centrale
Le désert du Kalahari couvre la majeure partie du territoire botswanais. Au cœur du pays, la Central Kalahari Game Reserve (CKGR) est la deuxième plus grande réserve naturelle au monde avec ses 52 800 km². C’est le territoire des lions à crinière noire de Deception Valley et des oryx adaptés à la sécheresse. Visitable surtout entre janvier et avril, lorsque les premières pluies font verdir les pâturages et déclenchent la mise bas des antilopes.
Le sud du Kalahari abrite les communautés San (Bochimans), peuple semi-nomade qui propose dans certains lodges des balades guidées pour partager leurs techniques ancestrales de chasse, de pistage et de récolte. Une expérience humaine forte, à condition de choisir un opérateur respectueux et impliquant directement les communautés.
Quand partir en safari au Botswana
Le Botswana connaît deux saisons bien marquées : la saison sèche (mai à octobre) et la saison des pluies (novembre à avril). Le choix de la période dépend surtout de votre objectif principal et des parcs visés.
- Mai à juin : début de saison sèche, températures douces (20 à 28 °C), végétation encore verte, peu de monde et tarifs intermédiaires. Très bon compromis.
- Juillet à octobre : haute saison absolue. Les animaux se concentrent autour des points d’eau, l’observation est optimale, mais c’est aussi la période la plus chère et la plus fréquentée. Octobre est très chaud (jusqu’à 40 °C en journée).
- Novembre à avril : saison verte, pluies sporadiques surtout en fin de journée, naissances des herbivores, oiseaux migrateurs nombreux. Les Makgadikgadi et la Central Kalahari sont à leur meilleur. Tarifs les plus bas.
Pour un premier voyage axé observation des grands mammifères, je vous conseille de viser juillet à septembre, en réservant impérativement six à neuf mois à l’avance : les meilleurs camps affichent complet très tôt.
Comment se rendre au Botswana et y circuler
En avion, il n’existe pas de vol direct depuis l’Europe. Le plus simple est de transiter par Johannesburg (Afrique du Sud) avec South African Airways ou Airlink, qui dessert ensuite Maun (porte d’entrée du delta), Kasane (Chobe) et Gaborone (capitale). Comptez 11 à 13 heures de vol depuis Paris jusqu’à Johannesburg, puis 1h30 supplémentaire vers Maun.
Sur place, les safaris se déroulent sous deux formules principales : le fly-in safari, qui enchaîne les camps en petit avion (Cessna 6 à 12 places) et reste la formule la plus rapide pour découvrir plusieurs régions, ou le self-drive en 4×4 équipé, plus aventureux et nettement moins cher mais qui demande de l’expérience hors-piste, du matériel de camping et une bonne préparation logistique. Les distances sont longues et les pistes parfois exigeantes, surtout dans le delta.
Formalités, santé et budget
Visa et passeport
Les ressortissants français, belges, suisses et canadiens n’ont pas besoin de visa pour des séjours touristiques jusqu’à 90 jours. Le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour et comporter au minimum deux pages vierges face à face. Une nouvelle taxe touristique électronique a été mise en place : renseignez-vous sur le site officiel du gouvernement avant de partir.
Vaccins et santé
Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer au Botswana, sauf si vous arrivez d’un pays à risque de fièvre jaune. Sont fortement recommandés : DTP à jour, hépatites A et B, fièvre typhoïde et rage selon les zones visitées. Le paludisme est présent dans le nord du pays (delta de l’Okavango et Chobe) toute l’année et plus marqué en saison des pluies : un traitement antipaludéen est indispensable, à discuter avec votre médecin ou un centre de vaccinations internationales. Prévoyez également un répulsif puissant à base de DEET ou d’icaridine.
Budget
Le Botswana est l’une des destinations safari les plus chères d’Afrique. Les fourchettes de prix varient considérablement selon le type d’hébergement :
- Self-drive en camping : 100 à 200 € par jour et par personne, location 4×4 équipée comprise
- Lodges et camps moyens : 400 à 700 € par jour, tout compris (hébergement, repas, safaris guidés)
- Camps de luxe dans les concessions privées : 800 à 2 500 € par jour et plus, les vols inter-camps en supplément
À ces montants s’ajoutent les vols internationaux (800 à 1 200 € depuis Paris en classe économique) et les vols inter-camps en petit avion (150 à 350 € par segment). Comptez un budget moyen de 4 500 à 7 000 € par personne pour 10 jours en formule lodge confortable, hors achats personnels.
Que mettre dans sa valise pour un safari au Botswana
Les bagages sont strictement limités sur les vols inter-camps en petit avion : généralement 20 kg en sac souple (pas de valise rigide) cabine et soute confondues. Voici l’essentiel à emporter :
- Vêtements en tons neutres (kaki, beige, marron) pour ne pas effrayer les animaux et passer inaperçu
- Une polaire ou une doudoune légère : les matins sont froids en saison sèche, parfois autour de 5 °C
- Une casquette à large bord ou un chapeau de brousse
- Crème solaire indice 50, lunettes de soleil et baume à lèvres
- Répulsif anti-moustiques à base de DEET ou d’icaridine (au moins 30 %)
- Jumelles 8×42 ou 10×42 (l’observation perd tout son sel sans une bonne paire)
- Appareil photo avec téléobjectif d’au moins 200 mm, idéalement 400 mm
- Adaptateur électrique type G (prises britanniques, comme en Afrique du Sud)
- Trousse à pharmacie complète : antalgiques, antidiarrhéiques, pansements, désinfectant
- Copies papier des documents importants et carte de vaccination
Itinéraire d’une semaine au Botswana
Voici un itinéraire type sur 7 jours qui combine les trois écosystèmes majeurs du pays. Il est conçu pour une formule lodge avec vols inter-camps, mais peut s’adapter en self-drive en doublant les temps de trajet.
- Jour 1 : arrivée à Maun via Johannesburg, transfert vers un camp dans la réserve de Moremi. Premier safari en fin d’après-midi.
- Jour 2 : journée complète dans Moremi avec game drives matin et soir. Tentative d’observation des léopards et des lycaons.
- Jour 3 : vol vers un camp au cœur du delta. Découverte en mokoro et marche guidée sur les îles.
- Jour 4 : nouvelle journée dans le delta, vol panoramique en option pour saisir l’ampleur du site depuis les airs.
- Jour 5 : vol vers Kasane et entrée dans le parc national de Chobe. Safari fluvial en bateau au coucher du soleil.
- Jour 6 : journée à Chobe entre safaris terrestres et nouvelle sortie en bateau pour observer les éléphants au bain.
- Jour 7 : excursion possible aux chutes Victoria côté Zimbabwe, ou retour direct à Johannesburg puis vol pour la France.
Pour aller plus loin et préparer un voyage plus large en Afrique australe, mon article sur la préparation d’un voyage en Afrique du Sud donne des repères complémentaires utiles si vous combinez plusieurs pays.
Voyager responsable au Botswana
Le Botswana est cité en exemple pour sa gestion durable du tourisme. Pour aller dans le même sens, privilégiez les opérateurs locaux et les camps qui reversent une partie de leurs revenus aux communautés voisines. Respectez strictement les consignes des guides : pas de descente du véhicule sans autorisation, distance minimale avec les animaux, silence radio à proximité des grands fauves. Et résistez à la tentation de poster en direct vos plus belles photos depuis le camp : la connectivité est souvent volontairement limitée pour préserver la déconnexion qui fait tout le charme d’un safari.
Foire aux questions
Quelle est la meilleure période pour un safari au Botswana ?
De juillet à octobre pour l’observation animalière classique, quand les animaux se concentrent autour des points d’eau. De janvier à avril pour la Central Kalahari et les Makgadikgadi Pans, lorsque les pluies attirent zèbres et flamants. Mai-juin reste un excellent compromis tarifs/observation.
Faut-il un visa pour aller au Botswana ?
Non. Les ressortissants français, belges, suisses et canadiens peuvent séjourner jusqu’à 90 jours sans visa. Le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour et comporter deux pages vierges face à face.
Combien coûte un safari au Botswana ?
Comptez 100 à 200 € par jour en self-drive camping, 400 à 700 € en lodge moyen et 800 à 2 500 € en camp de luxe. Pour un voyage de 10 jours en formule lodge confortable, prévoyez 4 500 à 7 000 € par personne, vols internationaux inclus.
Y a-t-il du paludisme au Botswana ?
Oui, dans le nord du pays (delta de l’Okavango et Chobe) toute l’année et plus marqué en saison des pluies. Un traitement antipaludéen est indispensable, à discuter avec votre médecin. Prévoyez aussi un répulsif puissant à base de DEET ou d’icaridine et des vêtements couvrants en soirée.
Quels parcs visiter en priorité au Botswana ?
Le delta de l’Okavango pour son écosystème unique et ses safaris en mokoro, le parc national de Chobe pour les concentrations d’éléphants et les safaris fluviaux, la réserve de Moremi pour la diversité d’espèces, et la Central Kalahari ou les Makgadikgadi Pans pour les paysages désertiques.
Vaut-il mieux un fly-in safari ou un self-drive au Botswana ?
Le fly-in safari (vols inter-camps en petit avion) permet d’enchaîner plusieurs régions rapidement et reste la formule la plus confortable, mais elle est nettement plus chère. Le self-drive en 4×4 équipé est plus aventureux et économique, mais exige de l’expérience hors-piste et une bonne préparation logistique.
Combien de temps faut-il prévoir pour un safari au Botswana ?
Au minimum 7 jours pour combiner deux écosystèmes (delta de l’Okavango et Chobe). Pour visiter les trois grandes régions du pays sans précipitation, comptez 10 à 14 jours. Beaucoup de voyageurs prolongent ensuite par les chutes Victoria au Zimbabwe ou un séjour en Afrique du Sud.
Quelle limite de bagage sur les vols inter-camps ?
Les petits avions Cessna qui relient les camps imposent généralement 20 kg en sac souple uniquement (pas de valise rigide), cabine et soute confondues. Privilégiez un sac de voyage compressible et des vêtements faciles à laver sur place.

