Que faire, que voir à Saint-Flour et ses environs en une journée

Que faire, que voir à Saint-Flour et ses environs en une journée

L’essentiel à retenir 🌍

Une journée suffit pour découvrir Saint-Flour, cité de lave perchée à 900 mètres d’altitude dans le Cantal. Le matin, la ville haute : cathédrale Saint-Pierre, place d’Armes, remparts et musées. À midi, un aligot ou des tripoux dans une table du centre. L’après-midi, les environs proches : le viaduc de Garabit à un quart d’heure de route et le château d’Alleuze au-dessus des gorges de la Truyère. Garez-vous en ville haute, tout se visite ensuite à pied, même avec des enfants.

Quand on roule sur l’A75 entre Clermont-Ferrand et le sud, Saint-Flour se mérite d’un regard : une cité accrochée à son rocher de basalte, dominée par les deux tours sombres de sa cathédrale, posée à 900 mètres d’altitude sur le plateau de la Planèze. Beaucoup la dépassent sans s’arrêter, et c’est une erreur. Nous y avons fait halte une journée entière l’été dernier en remontant vers la Bourgogne après notre séjour dans l’Aveyron, et cette sous-préfecture du Cantal nous a offert l’un de ces arrêts qui transforment un trajet en souvenir de famille.

Saint-Flour a la particularité de se vivre sur deux niveaux : la ville haute, médiévale, juchée sur sa coulée volcanique, et la ville basse, le faubourg commerçant né au bord de l’Ander. Entre les deux, des ruelles pentues, des maisons de pierre de lave et une lumière de moyenne montagne qui change tout. Ajoutez à cela des environs proches spectaculaires, du viaduc de Garabit signé Eiffel aux ruines romantiques d’Alleuze, et vous tenez un programme idéal pour une journée bien remplie. Voici comment nous l’avons organisée, étape par étape.

Saint-Flour, une cité perchée entre ville haute et ville basse

Pour comprendre Saint-Flour, il faut d’abord saisir sa géographie. La ville haute occupe le sommet d’une planèze, ce vaste plateau de lave hérité des volcans du Cantal, à 900 mètres d’altitude. C’est là que bat le cœur historique, autour de la place d’Armes et de la cathédrale. En contrebas, dans la vallée de l’Ander, s’étend la ville basse, le faubourg qui s’est développé avec le commerce puis le chemin de fer. Les deux se relient par des montées pittoresques, dont le fameux chemin des Chèvres.

Mon conseil pour une journée : garez la voiture en ville haute, près de la place d’Armes ou sur l’un des parkings du centre, et oubliez-la jusqu’au départ pour les environs. Tout le patrimoine se découvre à pied, sur quelques centaines de mètres. Avec des enfants, c’est l’idéal : pas de longs trajets, des ruelles à explorer et des points de vue à chaque détour sur la campagne cantalienne. Ici tout est compact et lisible.

Panorama depuis les remparts de Saint-Flour sur les prairies de la planèze et les monts du Cantal

Pour saisir ce relief d’un seul coup d’œil, longez les remparts qui bordent la falaise. Depuis ce balcon naturel, la ville basse se déploie en contrebas avec ses toits serrés, sa gare et ses ateliers, tandis que le regard file vers les prairies de la planèze et les reliefs du Cantal à l’horizon. C’est le point de vue qui explique le mieux la ville, et il ne coûte rien : quelques minutes de marche depuis la place d’Armes suffisent.

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La cathédrale Saint-Pierre et la place d’Armes, le cœur de la cité

Façade et tours jumelles de la cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour, bâtie en pierre volcanique

On commence la visite par le monument qui domine tout : la cathédrale Saint-Pierre. Édifiée au XVe siècle en pierre volcanique sombre, elle affiche une silhouette austère, presque militaire, avec ses deux tours massives qui veillent sur la place d’Armes. Son parvis, perché à 892 mètres, en fait la cathédrale la plus haute d’Europe en altitude. L’extérieur peut surprendre par sa sobriété, mais c’est justement cette rudeur de pierre noire qui fait le caractère des édifices de Haute-Auvergne.

À l’intérieur, prenez le temps de chercher le Beau Dieu noir, aussi appelé le Christ noir, un grand Christ en bois de noyer peint devenu l’emblème de la ville, ainsi que les fresques anciennes qui ornent certaines chapelles. Saint-Flour devient capitale religieuse de la Haute-Auvergne en 1317, quand l’évêché y est créé, ce qui explique l’ampleur de l’édifice dans une cité de cette taille. Les enfants apprécient la fraîcheur du lieu après la montée, et c’est l’occasion de leur raconter, simplement, comment on bâtissait avec la roche du pays.

Flanc et clocher-tour de la cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour vus depuis la place d'Armes

En sortant, la place d’Armes mérite qu’on s’y attarde. Bordée de maisons à arcades et de terrasses, c’est le salon de la ville haute, animé les jours de marché et parfait pour une pause. Levez les yeux vers les façades de lave, asseyez-vous quelques minutes : on sent ici le rythme tranquille d’une petite cité de caractère qui n’a rien à prouver.

Sur la place, impossible de manquer l’hôtel de ville et son campanile à horloge. Ce bâtiment de pierre volcanique, élevé entre 1892 et 1896 pour loger à la fois la mairie et la caisse d’épargne, est inscrit aux monuments historiques depuis 2003. Il abrite aujourd’hui l’office de tourisme : poussez la porte en arrivant, on y récupère le plan de la ville haute et les horaires des musées, de quoi gagner un temps précieux sur une journée.

Hôtel de ville de Saint-Flour, ancienne caisse d'épargne abritant l'office de tourisme, place d'Armes

Flâner dans les ruelles, des musées au chemin des Chèvres

Autour de la place, le centre historique se prête à la flânerie. Les ruelles étroites, pavées et bordées de maisons en pierre de lave, racontent le passé marchand et religieux de Saint-Flour. Deux musées valent l’étape si vous aimez comprendre les lieux que vous visitez. Le musée de la Haute-Auvergne, installé dans l’ancien palais épiscopal, présente l’histoire, l’archéologie et les traditions du territoire. Le musée d’art et d’histoire Alfred-Douët, dans une belle maison Renaissance, séduit par ses collections et son cadre. Cette maison consulaire, résidence des trois consuls de la ville depuis 1354, a reçu vers 1540 une façade Renaissance sculptée, inspirée de Chambord, qui tranche avec la sobriété du reste de la cité.

Façade Renaissance de la maison consulaire de Saint-Flour abritant le musée d'art et d'histoire Alfred Douët

Quelques pas plus loin, la Halle aux Bleds mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour son parcours : cette ancienne collégiale Notre-Dame du XIVe siècle a été désacralisée en 1791, puis transformée en halle couverte. Sa façade associe une grande rosace, une porte de bronze contemporaine et, sur le parvis, la silhouette longiligne du violoniste de Casimir Ferrer, un bronze de 2,50 mètres posé sur un socle de pierre du pays. Classé monument historique depuis 1946, le bâtiment sert aujourd’hui de salle d’expositions et de concerts l’été.

Façade de la Halle aux Bleds de Saint-Flour avec sa rosace, sa porte en bronze et la sculpture du violoniste

Pour relier la ville haute à la ville basse sans reprendre la voiture, empruntez le chemin des Chèvres. Ce sentier pentu et pavé dégringole le long du rocher et offre de jolies perspectives sur les remparts et la vallée. La descente se fait bien avec des enfants en âge de marcher, mais oubliez la poussette : les pavés et la pente la rendent impraticable. Gardez de bonnes chaussures et de l’eau, surtout en été où la pierre renvoie la chaleur.

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Où déjeuner à Saint-Flour, aligot, tripoux et saveurs du Cantal

Assiette d'aligot du Cantal étiré en longs rubans, servi avec une saucisse à Saint-Flour

Une journée à Saint-Flour ne se conçoit pas sans une table généreuse, car le Cantal est une terre de gastronomie roborative. L’aligot, cette purée filante mêlée à la tomme fraîche, reste la vedette absolue : commandez-le en accompagnement d’une saucisse et observez le serveur l’étirer en longs rubans, les enfants adorent le spectacle. Nous avons pour notre part déjeuné aux Îles du Cantal, rue des Lacs, où l’aligot était délicieux, servi avec une saucisse, et la salle du fond ouvre sur les toits de la ville. Les tripoux, mijotés des heures, et le pounti, ce pâté aux pruneaux et aux herbes, complètent la carte du terroir.

Côté fromages, la fourme de Cantal et le saint-nectaire voisin s’imposent en fin de repas, à rapporter aussi pour prolonger le voyage à la maison. On trouve plusieurs restaurants autour de la place d’Armes et dans les ruelles de la ville haute, du bistrot familial à la table plus soignée. Comptez un budget raisonnable pour un déjeuner de terroir, et réservez en haute saison, car les bonnes adresses se remplissent vite le midi.

Le viaduc de Garabit, le chef-d’œuvre d’Eiffel aux portes de la ville

Le viaduc de Garabit, immense arc de fer rouge conçu par Eiffel au-dessus de la Truyère près de Saint-Flour

L’après-midi, place aux environs proches, et on commence par le plus spectaculaire. À une quinzaine de kilomètres de Saint-Flour, le viaduc de Garabit enjambe les eaux de la Truyère d’un immense arc de fer rouge. Chantier ouvert en 1880 et achevé en 1884 par l’entreprise de Gustave Eiffel, sur les plans de l’ingénieur Léon Boyer, soit quelques années avant la tour parisienne, il s’étire sur 565 mètres et culmine à 122 mètres au-dessus de la rivière. Les trains n’y circulent qu’à partir de 1888. Voir ce géant de métal surgir dans un paysage de gorges sauvages provoque un vrai choc visuel.

Plusieurs belvédères aménagés permettent de l’admirer sous différents angles, et des aires de pique-nique invitent à la halte en famille. Si vous voyagez avec des passionnés de trains ou de prouesses techniques, c’est une étape qui marque les esprits : on explique facilement aux enfants le défi qu’a représenté un tel ouvrage à la fin du XIXe siècle. Depuis l’A75, le viaduc se découvre aussi en passant, mais rien ne vaut l’arrêt pour en mesurer la démesure.

Le château d’Alleuze, sentinelle des gorges de la Truyère

Les ruines du château d'Alleuze sur leur piton rocheux au-dessus des gorges de la Truyère

Pour clore la journée sur une note romantique, mettez le cap sur le château d’Alleuze, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Saint-Flour. Ses ruines se dressent sur un piton rocheux au-dessus des eaux du lac de Grandval, dans un décor de gorges qui semble sorti d’un autre temps. La silhouette du donjon et des tours, isolée sur son éperon, compte parmi les images les plus saisissantes du Cantal.

On laisse la voiture en contrebas et on grimpe par un sentier jusqu’aux vestiges, une marche courte mais qui se mérite, à faire avec de bonnes chaussures. Le panorama sur la Truyère récompense l’effort, et le site se prête à une fin d’après-midi paisible, quand la lumière dore les pierres. Si le temps vous le permet, les gorges de la Truyère et leurs bases nautiques de Lanau et Garabit-Mallet, tout proches, offrent activités nautiques et baignade surveillée en été, de quoi prolonger la sortie côté nature.

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Nos conseils pratiques pour réussir votre journée à Saint-Flour

Pour profiter pleinement de cette journée, arrivez en ville haute en milieu de matinée et consacrez deux bonnes heures au centre historique avant le déjeuner. Gardez l’après-midi pour les environs : comptez un quart d’heure de route jusqu’à Garabit et autant jusqu’à Alleuze, les deux sites se combinant très bien dans la même boucle. Saint-Flour étant à 900 mètres d’altitude, prévoyez une petite laine même en été, car les soirées y restent fraîches.

La plupart des visites extérieures sont gratuites : on paie surtout l’entrée des musées, pour quelques euros, et éventuellement une activité nautique sur les gorges. Pensez à l’eau, au chapeau et à la crème solaire, le soleil d’altitude tape fort, et gardez les chaussures de marche à portée de main pour le chemin des Chèvres et la montée d’Alleuze. Avec ce rythme, vous repartirez avec un bel aperçu de la ville et de ses alentours, et sans doute l’envie de revenir explorer plus longuement le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, dont Saint-Flour est l’une des portes d’entrée.

Une journée passe vite ici, mais elle suffit à saisir l’âme de cette cité de lave et de ses paysages volcaniques. Entre patrimoine médiéval, prouesse industrielle et gorges sauvages, Saint-Flour résume à elle seule la diversité du Cantal, ce département encore trop méconnu qui gagne à ce qu’on lève le pied de l’autoroute.

FAQ : visiter Saint-Flour et ses environs en une journée

Oui, une journée permet de voir l’essentiel : la ville haute avec sa cathédrale et sa place d’Armes le matin, un déjeuner de terroir, puis les environs proches comme le viaduc de Garabit et le château d’Alleuze l’après-midi. Pour les activités nature des gorges de la Truyère, prévoyez un séjour plus long.

La cathédrale Saint-Pierre et son Beau Dieu noir, la place d’Armes bordée de maisons à arcades, les remparts qui dominent la ville basse et le chemin des Chèvres. La maison consulaire et sa façade Renaissance, la Halle aux Bleds et les deux musées de la ville complètent la visite.

Le viaduc de Garabit, arc de fer de 565 mètres construit par l’entreprise Eiffel sur les plans de Léon Boyer, se trouve à une quinzaine de kilomètres. Le château d’Alleuze, ruine perchée au-dessus du lac de Grandval, est tout aussi proche. Les gorges de la Truyère et le lac de Lanau offrent des activités nature en été.

Oui, le centre historique est compact et se parcourt à pied sur quelques centaines de mètres. Prévoyez de bonnes chaussures plutôt qu’une poussette, car les ruelles et le chemin des Chèvres sont pavés et en pente. Le viaduc de Garabit et l’aligot étiré à table plaisent particulièrement aux enfants.

Le plus simple est de laisser la voiture en ville haute, autour de la place d’Armes ou sur les parkings du centre historique, puis de tout faire à pied. Vous ne reprenez le volant qu’en fin de matinée ou l’après-midi pour rejoindre Garabit et Alleuze.

Plusieurs tables de terroir entourent la place d’Armes et les ruelles de la ville haute. Nous avons déjeuné aux Îles du Cantal, rue des Lacs, pour un aligot servi avec une saucisse. Goûtez aussi les tripoux, le pounti et les fromages du Cantal, et réservez le midi en haute saison.

La découverte de la ville revient à très peu : les remparts, la place d’Armes, la cathédrale et le chemin des Chèvres se visitent librement. Les entrées des musées se comptent en quelques euros par personne, auxquels s’ajoutent le déjeuner et le carburant pour la boucle Garabit-Alleuze.

Saint-Flour est desservie directement par l’A75, entre Clermont-Ferrand et Millau, avec des sorties qui mènent à la ville basse puis à la ville haute en quelques minutes. Le viaduc de Garabit se trouve un peu plus au sud, le long du même axe.

Le printemps et l’été offrent les meilleures conditions, avec des journées douces et l’accès aux activités des gorges de la Truyère. La ville étant à 900 mètres d’altitude, prévoyez une petite laine pour les soirées, même en plein été.

Florent Bonpoint, voyageur et blogueur

Florent Bonpoint

Je m'appelle Florent BonPoint et je vis actuellement en Bourgogne avec ma femme et mes deux enfants. Originaire du pays des 6 Vallées dans la Vienne, je suis passionné de voyages et d'aventures. Je vous propose dans ce blog de vous faire découvrir mes astuces et bons plans de globe-trotter pour voyager en famille en France, en Europe et dans le monde entier ! J'ai créé ce blog car j'ai toujours eu envie de voyager depuis que j'ai lâché les études. Je me suis mis à écrire dans un premier temps pour partager mes expériences et mes coups de cœur. Je fais partie de ces personnes qui aiment se documenter sur les lieux qu'ils visitent. J'ai donc décidé de créer ce blog pour partager mes recherches et mes bons plans !

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