Mont Ventoux à vélo : trois ascensions au cœur de la Provence
Le mont Ventoux trône au nord du Vaucluse comme une silhouette familière des cyclistes du monde entier. Avec ses 1912 mètres et son sommet pelé qui rappelle un paysage lunaire, le Géant de Provence représente l’un des grands classiques du cyclotourisme français. J’ai eu la chance d’enchaîner les trois versants lors d’un séjour en famille à Bédoin, et je vous partage ici tout ce qu’il faut savoir avant de poser les roues au pied du col.
Que vous prépariez votre première ascension ou que vous cherchiez à varier les versants, l’idée est la même : transformer une étape sportive en vraies vacances provençales. Voici comment choisir votre itinéraire, soigner votre préparation et profiter de la région autour du Ventoux.
L’essentiel à retenir 🌍
Trois versants permettent de gravir le mont Ventoux à vélo : Bédoin (21,6 km à 7,5 %), Malaucène (21 km à 7,2 %) et Sault (26 km à 4,5 %), tous convergeant au Chalet Reynard pour les six derniers kilomètres lunaires. La saison idéale s’étend de mai à octobre avec une préférence pour mai, juin et septembre. Anticipez le mistral au sommet, hydratez-vous régulièrement et choisissez un hébergement Accueil Vélo à Bédoin, Malaucène ou Sault. Un séjour réussi combine l’ascension avec la découverte des villages perchés du Luberon, des lavandes du plateau de Sault et du patrimoine d’Avignon.
Les trois versants du mont Ventoux à vélo
Trois routes goudronnées permettent de rallier le sommet du Ventoux. Chacune part d’un village différent et propose un profil distinct, du plus exigeant au plus progressif. Le choix du versant dépend de votre niveau, de la chaleur attendue et de l’expérience que vous recherchez.
Depuis Bédoin : la voie historique du Tour de France
C’est l’itinéraire emprunté par le Tour depuis 1951 et celui qui fait la réputation du Ventoux. Au départ de Bédoin, vous attaquez 21,6 kilomètres pour 1610 mètres de dénivelé positif, soit une pente moyenne de 7,5 %. La première moitié serpente dans la forêt de cèdres jusqu’au Chalet Reynard, puis bascule sur la fameuse caillasse blanche des derniers kilomètres. Comptez entre 1h30 et 3h selon votre rythme.
Depuis Malaucène : le versant nord plus régulier
Légèrement plus court (21 km) et un poil moins raide en moyenne (7,2 %), le versant nord part de Malaucène et offre une route plus roulante en partie basse. La pente se durcit dans les six derniers kilomètres, avec des passages à plus de 11 %. C’est aussi le versant le plus ombragé, un argument à ne pas négliger en juillet et en août.
Depuis Sault : la montée pédagogique
Avec 26 kilomètres de montée pour 4,5 % de pente moyenne, le versant de Sault est le plus accessible et le plus indiqué pour une première ascension. Vous traversez d’abord les plateaux de lavande puis rejoignez le tracé de Bédoin au Chalet Reynard. Les six derniers kilomètres restent donc identiques aux deux autres versants : pas d’échappatoire au final lunaire.
Bien se préparer à l’ascension du Ventoux
Le Ventoux n’est pas un col anodin. Sa longueur, son exposition au mistral et l’absence d’ombre dans les six derniers kilomètres en font une montée à respecter, même pour un cycliste entraîné. Une préparation sérieuse fait la différence entre une journée mémorable et une déception.
Préparation physique et matériel
Prévoyez au moins trois mois d’entraînement avec des sorties longues et des cols de 800 à 1000 mètres de dénivelé. Côté matériel, un développement de 34×32 voire 34×34 est confortable pour la plupart des cyclistes amateurs sur le versant de Bédoin. Vérifiez vos freins, vos pneus et emportez deux bidons de 750 ml : la fontaine du Chalet Reynard est le dernier ravitaillement en eau avant le sommet.
Quand monter le Ventoux ?
La saison cyclable s’étend de mai à octobre. La route est fermée par la neige de novembre à avril, et l’office de tourisme publie chaque jour l’état du col. Mai, juin et septembre sont les mois idéaux : température douce, mistral moins fréquent et trafic touristique modéré. En plein été, partez avant 8 h pour éviter les 35 °C dans la forêt de Bédoin et le vent du milieu de journée au sommet.
Anticiper la météo et le mistral
Le sommet du Ventoux détient le record de France de vent mesuré : 320 km/h en 1967. Même un jour calme en vallée, attendez-vous à 30 ou 40 km/h de vent au sommet et 10 à 15 °C de moins qu’à Bédoin. Un coupe-vent et des manchettes dans la poche arrière du maillot ne sont pas un luxe, surtout pour la descente.
Où loger pour gravir le Ventoux
Choisir son point de chute conditionne souvent le versant d’attaque. Les trois villages de départ (Bédoin, Malaucène, Sault) proposent un large choix d’hébergements estampillés Accueil Vélo : garage sécurisé, kit de réparation, petit-déjeuner adapté et lavage des vélos.
- Bédoin : le camp de base le plus complet, avec une dizaine de loueurs de vélos, plusieurs hôtels 3 étoiles et de nombreuses chambres d’hôtes. C’est le village le plus animé, idéal en famille.
- Malaucène : plus authentique, moins bondé, avec des tarifs souvent plus doux. Bonne base pour combiner Ventoux et Dentelles de Montmirail.
- Sault : posé sur son plateau, le village offre une vue imprenable sur le Ventoux. Hébergement parfait si vous voulez profiter des champs de lavande en juin-juillet avant ou après votre montée.
Profiter de la Provence autour du Ventoux
Réduire un séjour au pied du Ventoux à la seule ascension serait dommage. La région concentre quelques-uns des plus beaux villages de Provence, parfaits pour récupérer en famille entre deux sorties à vélo.
Vignobles, lavande et villages perchés
Les routes du Ventoux longent les vignobles AOC Ventoux et Côtes du Rhône, les oliveraies et les champs de lavande du plateau de Sault. Profitez d’une journée tranquille pour visiter Gordes, Roussillon ou le Colorado provençal de Rustrel et ses falaises ocres. Si vous remontez la vallée du Rhône, la ville de Montélimar et la Drôme provençale méritent une étape.
Patrimoine et grandes étapes culturelles
À moins de 50 kilomètres, Avignon mérite une journée complète pour son Palais des Papes, ses remparts et le pont Saint-Bénézet. Pour préparer la visite, je vous renvoie vers mon guide pour visiter Avignon. Plus à l’ouest, Orange et son théâtre antique classé à l’Unesco prolongent l’immersion romaine.
Autres aventures sportives à proximité
Si la mécanique vous tente plus que la chaîne du vélo, les gorges du Verdon à moto offrent une boucle d’une journée depuis le Ventoux. Pour une parenthèse rafraîchissante avant l’ascension, l’Ardèche et ses canyons sont à deux heures de route et complètent parfaitement un séjour actif en famille.
Conseils pratiques pour une ascension réussie
Quelques détails font la différence entre une montée éprouvante et une vraie satisfaction au pied de la stèle Tom Simpson. Voici ce que j’ai retenu de mes propres tentatives.
Hydratation et ravitaillement
Sur le versant Bédoin, deux fontaines ponctuent l’ascension : la source du Groseau, hors itinéraire, et surtout le Chalet Reynard à 6 km du sommet. Prévoyez barres énergétiques, pâtes de fruits et une boisson isotonique. La déshydratation est la première cause d’abandon sur le Ventoux en été.
Location de vélo sur place
Si vous voyagez sans votre vélo, plusieurs loueurs à Bédoin et Malaucène proposent des vélos de route, gravels et VAE pour 35 à 80 € la journée. Le vélo à assistance électrique transforme l’expérience pour qui souhaite atteindre le sommet sans entraînement spécifique, en famille notamment.
Sécurité et code de la route
La route est ouverte à la circulation automobile : casque obligatoire pour les mineurs, fortement recommandé pour tous, gilet réfléchissant utile dans la descente au crépuscule. Méfiez-vous des plaques de gravillons après le Chalet Reynard et limitez votre vitesse en descente, surtout dans les épingles du versant de Malaucène.
Gravir le mont Ventoux à vélo reste l’une des expériences cyclistes les plus marquantes que vous puissiez vivre en France. La combinaison du paysage, de l’effort et du contexte provençal en fait bien plus qu’un simple col à cocher sur sa liste. Préparez vos jambes, choisissez votre versant et offrez-vous un séjour qui mêle sport, vignobles et patrimoine. Le Ventoux récompense toujours ceux qui le respectent.
Foire aux questions
Quel est le versant le plus facile pour gravir le mont Ventoux à vélo ?
Le versant de Sault, avec ses 26 km à 4,5 % de pente moyenne, est de loin le plus accessible aux cyclistes amateurs. Les six derniers kilomètres, communs aux trois itinéraires depuis le Chalet Reynard, restent toutefois plus exigeants.
Combien de temps faut-il pour monter le Ventoux par Bédoin ?
Comptez entre 1h30 pour un cycliste entraîné et 3h pour un amateur en forme. La majorité des cyclotouristes bouclent l’ascension en 2h à 2h30, hors pauses photos au Chalet Reynard et au sommet.
Quelle est la meilleure période pour monter le Ventoux à vélo ?
Mai, juin et septembre offrent les conditions idéales : températures clémentes, mistral moins fréquent et fréquentation modérée. En juillet et août, partez avant 8 h pour éviter la chaleur et l’affluence.
Peut-on monter le Ventoux en vélo à assistance électrique ?
Oui, le VAE est autorisé sur les trois versants et plusieurs loueurs à Bédoin et Malaucène en proposent à la journée. C’est une excellente option pour vivre l’expérience en famille ou sans entraînement spécifique.
Quel développement choisir pour monter le mont Ventoux ?
Un 34×32 ou 34×34 convient à la plupart des cyclistes amateurs sur le versant de Bédoin. Sur Sault, plus progressif, un 34×28 peut suffire si vous êtes correctement entraîné.
La route du Ventoux est-elle ouverte toute l’année ?
Non, la route au-delà du Chalet Reynard est fermée par la neige de novembre à avril selon les années. L’office de tourisme de Bédoin publie chaque jour l’état d’ouverture du col.
Où loger pour gravir le mont Ventoux à vélo ?
Les trois villages de départ, Bédoin, Malaucène et Sault, regroupent l’essentiel des hébergements estampillés Accueil Vélo. Bédoin est le plus animé et le mieux équipé, Malaucène plus authentique, Sault parfait pour profiter des champs de lavande.
Que visiter autour du mont Ventoux après l’ascension ?
Le Colorado provençal de Rustrel, les villages de Gordes et Roussillon, le Palais des Papes d’Avignon ou la Drôme provençale autour de Montélimar prolongent à merveille un séjour cycliste dans la région.


