Une journée à Paris en famille : des Halles à Notre-Dame, notre itinéraire à pied

Une journée à Paris en famille : des Halles à Notre-Dame, notre itinéraire à pied

L’essentiel à retenir 🌍

Une journée à Paris en famille tient dans un rectangle de 1,5 km entre les Halles et l’île de la Cité, entièrement à pied. Depuis la Canopée du Forum des Halles, comptez 7 minutes jusqu’à la place Igor-Stravinsky et sa fontaine de 16 sculptures, 6 minutes de plus jusqu’à l’Hôtel de Ville, puis le pont d’Arcole vous dépose devant Notre-Dame. Tout est gratuit sauf le déjeuner et le parking, et le parcours reste faisable avec une poussette.

Le 9 mai, Amandine s’est levée avec une info glanée le matin même : une exposition gratuite Winnie l’Ourson s’installait aux Halles pour les 100 ans de l’ourson popularisé par Walt Disney. Elle est fan depuis toujours (comme ma sœur), la fenêtre était courte, et nous vivons en Bourgogne à deux heures à peine de Paris. Le temps du petit-déjeuner, la décision était prise : on emmenait les enfants passer la journée dans la capitale.

Ce qui devait être une simple visite d’expo s’est transformé en une belle balade urbaine : expo Winnie, shopping sous la Canopée, puis une remontée à pied vers la fontaine Stravinsky, l’Hôtel de Ville et la cathédrale Notre-Dame. Voici notre itinéraire complet, rue par rue, avec les distances, ce qu’il faut savoir sur chaque étape et les histoires qui se cachent derrière.

Sommaire

Notre journée à Paris en famille, heure par heure

Rien de minuté, mais l’enchaînement s’est fait naturellement parce que tout se tient dans les 1er et 4e arrondissements, à quelques centaines de mètres d’écart.

  • 9h00 : départ de Bourgogne, environ 2h de route.
  • 11h15 : arrivée et stationnement dans le quartier des Halles.
  • 11h45 – 12h30 : expo Winnie l’Ourson, « À la recherche du ballon perdu », sous la Canopée.
  • 12h30 – 15h00 : déjeuner et shopping au Westfield Forum des Halles.
  • 15h15 : marche jusqu’à la place Igor-Stravinsky (600 m).
  • 15h30 – 16h15 : fontaine Stravinsky, fresques géantes et Centre Pompidou.
  • 16h20 : tour Saint-Jacques et pause gashapon rue de Rivoli.
  • 16h45 : place de l’Hôtel-de-Ville (450 m).
  • 17h00 : pont d’Arcole, la Seine, puis le parvis de Notre-Dame (500 m).
  • 18h00 : retour vers la voiture, sans être passés à l’intérieur de la cathédrale.

Au total, moins de 2 km de marche sur la journée, dénivelé nul, trottoirs larges. Si vous cherchez un format plus long, nous avons détaillé ailleurs notre itinéraire pour visiter Paris avec des enfants en trois jours.

L’expo Winnie l’Ourson des 100 ans, sous la Canopée des Halles

Entrée de l'exposition Winnie l'Ourson À la recherche du ballon perdu sous la Canopée du Westfield Forum des Halles à Paris
Le décor était monté en plein air, juste sous la Canopée, à l’entrée Porte Berger.

Une aventure immersive gratuite, sur trois jours seulement

L’événement s’appelait « Winnie l’Ourson : À la recherche du ballon perdu » et il n’est resté que du 7 au 9 mai au Westfield Forum des Halles. Nous sommes donc arrivés le dernier jour, ce qui explique la décision prise en trente secondes au petit-déjeuner. L’accès était gratuit, sur inscription préalable via le site de Disney France, et le parcours durait environ 25 minutes.

Le principe : aider Jean-Christophe à retrouver son ballon rouge, perdu quelque part dans la Forêt des Rêves Bleus. Un fil narratif tout simple, mais suffisant pour tenir des enfants pendant une demi-heure, avec des étapes, des défis et des surprises sucrées le long du chemin.

Panneau du titre de l'exposition Winnie l'Ourson À la recherche du ballon perdu avec le ballon rouge

La maison de Winnie, l’atelier et le mur de peluches

Le parcours s’ouvrait sur un livre géant dont on franchissait la couverture, puis se déroulait de décor en décor. Le clou pour nos enfants a été la reconstitution de la maison de Winnie : murs en tronc d’arbre, rideaux, pots de miel sur l’étagère, petites tables et tabourets à hauteur d’enfant pour un atelier coloriage. C’est là que les familles s’arrêtaient le plus longtemps, y compris les parents.

Reconstitution de la maison de Winnie l'Ourson avec atelier coloriage pour enfants au Forum des Halles
La maison de Winnie, avec ses pots de miel sur l’étagère et ses tabourets de couleur : l’étape où tout le monde s’assoit.

Et puis il y avait ce mur. Une haie végétale entière recouverte de peluches Winnie, Porcinet, Tigrou et Bourriquet, avec le logo « 100 ans » au milieu. Amandine y est restée un bon moment. C’est le genre de dispositif pensé pour la photo, et il fonctionne : impossible de passer devant sans sortir le téléphone.

Mur végétal couvert de peluches Winnie l'Ourson, Porcinet, Tigrou et Bourriquet avec le logo des 100 ans

Pourquoi 100 ans ?

Le centenaire ne célèbre pas le dessin animé mais le livre. A. A. Milne publie Winnie-the-Pooh en octobre 1926, illustré par E. H. Shepard, en s’inspirant de l’ours en peluche de son fils Christopher Robin, devenu Jean-Christophe en français. Disney n’achète les droits d’adaptation qu’en 1961 et sort son premier court métrage en 1966 : l’ourson avait déjà quarante ans de carrière littéraire derrière lui.

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Shopping et déjeuner au Westfield Forum des Halles

L’expo terminée, nous avons enchaîné sur ce pour quoi le lieu existe : 150 boutiques environ réparties sur plus de 75 000 m², plus des restaurants, un cinéma, une médiathèque et une piscine. Le tout sur quatre niveaux, dont trois en sous-sol. Avec des enfants, c’est un avantage réel les jours de pluie ou de canicule : on reste au frais et au sec sans rien sacrifier. Le quartier se prête aussi très bien à une sortie à deux, comme lors de notre demi-journée à Paris en amoureux, entre Galeries Lafayette et comédie musicale.

Deux conseils appris sur place. D’abord, repérez votre porte de sortie dès l’arrivée (Berger, Lescot, Rambuteau, Sainte-Eustache) : le Forum est un labyrinthe et ressortir du mauvais côté vous coûte cinq minutes de contournement. Ensuite, les restaurants du niveau -3 se remplissent d’un coup vers 12h30 ; en décalant à 12h ou 13h30 on s’assoit tout de suite. Les enseignes du Forum restent très grand public : pour des boutiques plus pointues, voyez plutôt nos adresses mode à Paris.

Du « ventre de Paris » à la Canopée

Le quartier a une histoire mouvementée qui vaut la peine d’être racontée aux enfants pendant qu’on marche. Pendant huit siècles, c’est ici que Paris s’est nourrie : le marché central, ses pavillons de fer et de verre construits par Victor Baltard au XIXe siècle, et cette formule d’Émile Zola qui a fait le tour du monde, le « ventre de Paris ». Le marché déménage à Rungis en 1969, les pavillons sont démolis au début des années 1970 et le quartier reste plusieurs années à l’état de gigantesque cratère, le fameux « trou des Halles ».

Le Forum souterrain ouvre en 1979, puis le site est repris en profondeur : la Canopée des architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti est inaugurée en avril 2016. Cette immense coque jaune posée sur le carreau représente environ 23 000 m² de verre et 7 000 tonnes d’acier. C’est elle qu’on voit sur nos photos de l’expo, avec sa résille qui filtre la lumière comme un feuillage. Juste à côté s’étend le jardin Nelson-Mandela, quatre hectares avec plusieurs aires de jeux gratuites : la bonne solution si vos enfants ont besoin de courir avant de repartir marcher.

À pied des Halles à la place Igor-Stravinsky

C’est le tronçon le plus court de la journée et l’un des plus agréables. Sortez du Forum côté est, prenez la rue Berger, traversez le boulevard de Sébastopol, poursuivez tout droit par la rue Aubry-le-Boucher : au bout, la rue Saint-Martin, le Centre Pompidou sur la droite et la place Igor-Stravinsky. 600 mètres, 7 à 8 minutes, tout en zone piétonne ou semi-piétonne.

Le trajet se fait la tête en l’air, parce que le quartier est un musée de street art à ciel ouvert. Nous sommes tombés sur cette mosaïque en pixels collée en hauteur, à l’angle d’un immeuble. Le quartier en compte des dizaines : depuis 1998, l’artiste Invader a essaimé plus de 1 400 mosaïques dans Paris, et le centre en concentre une bonne part.

Mosaïque de street art en pixels représentant un personnage bleu sur une planche rouge, sur un immeuble du centre de Paris
Un jeu à lancer aux enfants : qui repère la première mosaïque en pixels de la rue ?

« Ceci n’est pas un graffiti », à l’angle de la rue Quincampoix

Juste avant d’arriver sur la place, impossible de manquer cette façade entière couverte de personnages noirs et blancs sur pastilles de couleur. C’est l’œuvre de VLP (pour « Vive La Peinture »), l’un des plus anciens collectifs d’art urbain français encore en activité. Fondé au début des années 1980 par Michel Espagnon, Jean Gabaret et Martial Jalabert, il travaille en duo depuis le départ de ce dernier en 1994, les deux peintres intervenant simultanément sur le même mur. La fresque, 108 m² à l’angle de la rue Quincampoix et de la rue Aubry-le-Boucher, a été peinte en juin 2016 et s’intitule « Ceci n’est pas un graffiti », clin d’œil à Magritte, alors à l’honneur au Centre Pompidou.

Fresque Ceci n'est pas un graffiti du duo VLP à l'angle de la rue Quincampoix, avec le Centre Pompidou en arrière-plan
La fresque de VLP, et au fond à droite les tubes colorés du Centre Pompidou.

La fontaine Stravinsky, le meilleur arrêt de la journée avec des enfants

Si vous ne deviez garder qu’une étape de cette balade pour des enfants, ce serait celle-ci. La place Igor-Stravinsky est entièrement piétonne, bordée de terrasses, et son bassin peu profond est occupé par 16 sculptures mobiles et colorées qui crachent, tournent et éclaboussent. On s’assoit sur la margelle et on regarde : les nôtres y sont restés vingt minutes sans réclamer autre chose.

La fontaine Stravinsky à Paris avec l'Oiseau de feu de Niki de Saint Phalle, l'église Saint-Merri et les fresques murales
L’Oiseau de feu au premier plan, l’église Saint-Merri à gauche et les deux grandes fresques au fond : tout le décor de la place tient dans un seul cadre.

Tinguely et Niki de Saint Phalle, une fontaine faite pour un toit fragile

La fontaine a été inaugurée le 16 mars 1983. Elle est signée par un couple d’artistes : Jean Tinguely pour les machines noires en métal, Niki de Saint Phalle pour les formes colorées. Chaque sculpture renvoie à une œuvre d’Igor Stravinsky : L’Oiseau de feu, Le Rossignol, La Clé de sol, Le Sacre du printemps, La Vie (les grandes lèvres rouges), L’Éléphant

La Clé de sol noire de Jean Tinguely et une sculpture colorée de Niki de Saint Phalle dans la fontaine Stravinsky

Un détail technique explique tout le reste : le bassin n’est pas posé sur le sol mais sur le toit de l’IRCAM, l’institut de recherche musicale enterré sous la place. Il fallait donc alléger au maximum. La profondeur d’eau ne dépasse pas 30 centimètres, les mécaniques de Tinguely sont en aluminium et les grandes formes de Niki de Saint Phalle en polyester stratifié, pas en pierre. C’est ce qui donne à l’ensemble son air de jouet géant.

Les lèvres rouges de la sculpture La Vie dans la fontaine Stravinsky, devant la façade du Centre Pompidou
Les lèvres de La Vie, et à droite la façade vitrée du Centre Pompidou.

Deux fresques géantes et une église du XVIe siècle

Levez les yeux depuis la margelle et vous avez trois époques dans le même champ de vision. Sur le pignon de gauche, le pochoir monumental « Chuuuttt !!! » de Jef Aérosol, réalisé en 2011 : 350 m², environ 200 bombes de peinture, et un autoportrait de l’artiste le doigt sur la bouche. Juste à côté, la grande composition bleue et blanche de l’Américain Shepard Fairey, le créateur du portrait Hope d’Obama, avec ses deux devises : « The Future is Unwritten » et « Knowledge + Action = Power ».

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Et à gauche du bassin, l’église Saint-Merri, reconstruite entre 1515 et 1552 dans un gothique flamboyant tardif, sans la moindre trace de Renaissance alors que François Ier régnait. Son nom vient de saint Médéric, abbé mort vers 700, dont les reliques reposent dans la crypte ; « Merri » n’est qu’une contraction de « Médéric ». L’entrée est libre, et l’intérieur offre une vraie pause fraîche et silencieuse après le vacarme de la fontaine.

Le Centre Pompidou, lui, est fermé au public depuis le 22 septembre 2025 pour un chantier de désamiantage et de rénovation de cinq ans, avec une réouverture annoncée en 2030 : inutile de prévoir une visite du musée d’ici là, seule la façade aux tubes colorés se regarde encore depuis la place. En restant dehors, la place et ses abords suffisent largement pour une heure. Le Marais commence juste derrière si vous voulez prolonger.

De Beaubourg à l’Hôtel de Ville de Paris

Depuis la place, descendez la rue Saint-Martin vers le sud. Au bout de 300 mètres vous tombez sur la rue de Rivoli, et là une tour de pierre isolée vous barre la vue : c’est la tour Saint-Jacques. Tournez à gauche, longez-la, et l’esplanade de l’Hôtel de Ville est à 300 mètres. Comptez 600 mètres et 8 minutes en tout, un peu plus si vous vous arrêtez, et nous nous sommes arrêtés deux fois.

La tour Saint-Jacques, une église dont il ne reste que le clocher

C’est le monument qui nous a le plus intrigués de la journée, parce qu’il ne ressemble à rien de logique : un clocher gothique de 54 mètres planté seul au milieu d’un square, sans église autour. Et pour cause. Il ne reste que ça de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, attestée dès le XIIe siècle et financée par la puissante corporation des bouchers du quartier des Halles, juste à côté.

La tour Saint-Jacques à Paris, clocher gothique flamboyant isolé dans son square rue de Rivoli
54 mètres de gothique flamboyant, et plus rien autour : la question des enfants a fusé tout de suite.

Le clocher est construit entre 1509 et 1523, en gothique flamboyant, au moment où le style s’apprête à disparaître. L’église, elle, est vendue comme bien national et démolie en 1797, ses pierres partant alimenter les chantiers du quartier. Seule la tour est épargnée, avant d’être rachetée par la Ville de Paris en 1836. Une légende tenace veut qu’elle doive son salut au souvenir de Blaise Pascal, qui y avait répété en 1648 ses expériences sur la pression atmosphérique menées au puy de Dôme : sa statue est toujours au pied de l’édifice.

Deux autres détails à raconter en levant la tête. La tour était un point de rassemblement des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle partant par la via Turonensis, la voie de Tours, ce qui lui a valu d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1998 au titre des chemins de Compostelle en France. Et depuis 1891, son sommet abrite une station météorologique, toujours en service.

Bonne nouvelle et mauvaise nouvelle : le square qui l’entoure est un jardin public gratuit, ombragé, avec des bancs, idéal pour une pause. En revanche l’ascension des 300 marches jusqu’à la terrasse, proposée certains étés en visite guidée, est suspendue pour travaux. Vérifiez avant de promettre le panorama à vos enfants, nous avons fait l’erreur.

La boutique gashapon de la rue de Rivoli : 300 machines à capsules

Le deuxième arrêt n’était pas prévu au programme, et c’est celui dont les enfants ont le plus parlé en rentrant. À quelques dizaines de mètres de la tour, au 37 rue de Rivoli, la première boutique officielle Gashapon Bandai de France a ouvert le 3 avril 2026. Un gashapon, c’est ce distributeur japonais à capsules : vous tournez une manivelle, une boule en plastique tombe, et vous découvrez seulement à ce moment-là quelle figurine de la série vous avez tirée.

Mur de machines à capsules gashapon Bandai dans la boutique officielle de la rue de Rivoli à Paris
Les machines fonctionnent uniquement avec les jetons de la boutique, pas avec des pièces.

Sur 150 m², la boutique aligne environ 300 machines et près de 3 000 objets différents, des licences japonaises que les enfants reconnaissent au premier coup d’œil aux collections plus inattendues, appareils photo miniatures ou plats de cuisine japonaise. Le principe est redoutablement efficace : on ne choisit pas, donc on recommence.

Parlons du prix, parce que c’est le vrai point d’attention. Les machines n’acceptent ni pièces ni carte, uniquement des jetons vendus à 1 € à la caisse de la boutique. Il en faut 5 ou 6 selon la machine, soit 5 à 6 € la capsule, pour une figurine qui coûte moins de 3 € au Japon. Le panier moyen constaté tourne autour de 15 à 20 €. Notre conseil, appris à nos dépens : annoncez le nombre de jetons avant d’entrer, achetez-les, et rangez le portefeuille. Sans cette règle, la pause de dix minutes se transforme en trente euros.

Arrivée sur la place de l’Hôtel-de-Ville

Encore 300 mètres le long de la rue de Rivoli et l’esplanade s’ouvre d’un coup. Elle est vaste, entièrement piétonne, et les enfants peuvent y courir sans risque pendant que vous détaillez la façade.

Façade néo-Renaissance de l'Hôtel de Ville de Paris vue depuis l'esplanade piétonne
La façade était pavoisée pour le parcours européen du PSG : banderole bleue « Ici c’est Paris » et banderole rouge de la Ville de Paris.

La place de Grève, ou l’origine du mot « grève »

Cette esplanade s’est longtemps appelée la place de Grève, du nom de la grève, la plage de sable et de gravier qui descendait vers la Seine et servait de port de déchargement. Les ouvriers sans travail venaient y attendre l’embauche : on disait qu’ils étaient « en grève ». Le mot est resté, avec le sens qu’on lui connaît. C’est aussi ici que se déroulaient les exécutions publiques jusqu’au XIXe siècle, détail qu’on garde en général pour les plus grands.

Un palais entièrement reconstruit après l’incendie de 1871

Le bâtiment paraît Renaissance, il ne l’est pas. Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante qui met fin à la Commune de Paris, l’Hôtel de Ville est incendié : il n’en reste qu’une coquille de pierre et les archives de la ville partent en fumée. La reconstruction est menée de 1874 à 1882 par les architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes, qui reprennent le dessin néo-Renaissance de l’ancienne façade en l’agrandissant.

Le jeu à faire avec les enfants : compter les statues. Il y en a 108 dans les niches de la façade, chacune représentant une personnalité qui a marqué Paris, artistes, savants, industriels ou hommes politiques. Ajoutez-y les figures allégoriques du fronton et l’horloge centrale encadrée par la Seine et la Marne. L’intérieur se visite lors d’expositions temporaires gratuites, régulièrement programmées : consultez l’agenda sur le site de la Ville de Paris avant de venir.

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Le pont d’Arcole, la plus belle vue gratuite du parcours

Pour rejoindre Notre-Dame, il suffit de traverser. Le pont d’Arcole relie directement l’Hôtel de Ville à l’île de la Cité, et c’est de loin le meilleur point de vue de la journée. Arrêtez-vous au milieu : d’un côté la façade de l’Hôtel de Ville qui se reflète dans l’eau, de l’autre l’enfilade des quais.

Le pont d'Arcole en fer peint en vert et l'Hôtel de Ville de Paris vus depuis la Seine
Le tablier vert du pont d’Arcole, et l’Hôtel de Ville derrière les arbres du quai.

Le pont lui-même est une petite prouesse. Construit en 1856 sous la direction de l’ingénieur Alphonse Oudry, il a été le premier pont de Paris entièrement en fer, et surtout le premier à franchir un bras de Seine sans aucune pile dans l’eau : une seule arche de 80 mètres d’un quai à l’autre. Le chantier a duré moins de trois mois.

Vue sur la Seine depuis le pont d'Arcole avec le pont Notre-Dame, le tribunal de commerce et les tours de la Conciergerie
Vers l’aval : le pont Notre-Dame et sa grande arche métallique, la coupole du tribunal de commerce et les tours de la Conciergerie.

En regardant vers l’aval, on aperçoit la coupole bleutée du tribunal de commerce et les tours crénelées de la Conciergerie, ancien palais des rois capétiens devenu prison sous la Révolution. Les berges basses, en contrebas, sont piétonnes et bien plus calmes que les quais hauts : c’est une bonne option pour la fin de journée, avec des bancs et des espaces où les enfants peuvent s’asseoir. Nous avons raconté ailleurs à quoi ressemble la Seine la nuit, quand les bateaux-mouches éclairent les façades.

Notre-Dame de Paris : trop de monde, nous reviendrons

Dernière étape, à 500 mètres du pont : le parvis de Notre-Dame. Et là, la réalité nous a rattrapés. La cathédrale a rouvert au public le 8 décembre 2024, cinq ans après l’incendie du 15 avril 2019, et elle attire depuis des foules considérables : environ 11 millions de visiteurs sur sa première année de réouverture, ce qui en fait le monument le plus visité de France, devant le Sacré-Cœur, le Louvre et la tour Eiffel. En fin d’après-midi, sur un pont de mai, la file serpentait sur toute la longueur du parvis derrière les barrières.

Façade occidentale de la cathédrale Notre-Dame de Paris et foule de visiteurs sur le parvis
La façade occidentale et sa galerie des rois. Devant, la file d’attente occupait tout le parvis.

Avec deux enfants fatigués par cinq heures dehors, nous avons choisi de renoncer et de nous contenter de l’extérieur. Ce n’est pas une frustration : la façade occidentale se regarde très bien depuis le parvis, avec ses trois portails sculptés, sa galerie des Rois et ses vingt-huit statues de rois de Juda, et la rosace de 9,60 mètres de diamètre au-dessus.

Ce que nous ferons différemment la prochaine fois : l’entrée reste gratuite et la réservation n’est pas obligatoire, mais réserver un créneau horaire à l’avance sur le site officiel de la cathédrale évite la file, et mieux vaut viser l’ouverture le matin plutôt que le milieu d’après-midi. C’est la seule vraie erreur de notre journée, et elle est facile à corriger.

Nos conseils pour réussir une journée à Paris en famille

  • Venir en transports plutôt qu’en voiture. Tout ce parcours démarre à Châtelet-Les Halles, desservie par les RER A, B et D et par les lignes de métro 1, 4, 7, 11 et 14. C’est la plus grande gare souterraine d’Europe, et elle vous dépose directement sous le Forum. Si vous arrivez de province, le train reste imbattable sur ce format : nous avons rassemblé nos méthodes dans notre guide pour voyager en train pas cher.
  • Prévoir peu d’étapes. Quatre arrêts sur une journée, c’est le bon rythme avec des enfants. Nous aurions pu ajouter le Marais, l’île Saint-Louis ou le Quartier latin, juste en face de Notre-Dame ; nous aurions surtout ajouté de la fatigue et des négociations.
  • Alterner intérieur et extérieur. Une expo au chaud, une place avec de l’eau, une esplanade où courir, un pont avec une vue : c’est l’alternance qui fait tenir la journée, pas la qualité individuelle de chaque étape.
  • Compter le budget réel. Sur ce parcours, tout ce qui se visite est gratuit : l’expo, la fontaine, les fresques, Saint-Merri, la place de l’Hôtel-de-Ville, le parvis et l’intérieur de Notre-Dame. Les vrais postes de dépense sont le déjeuner, le shopping et, si vous venez en voiture, le stationnement en voirie, facturé 6 € la première heure puis 8 € la deuxième dans le 1er arrondissement, mais gratuit le dimanche, les jours fériés et entre 20h et 9h. Pour d’autres idées gratuites par temps couvert, voyez notre sélection de choses à faire à Paris quand il pleut.

Se garer près du Forum des Halles

Si vous venez en voiture comme nous, oubliez la place de rue : le 1er arrondissement est en zone tarifaire centrale, payante de 9h à 20h du lundi au samedi, et les places libres en surface sont rarissimes un jour de pont. Les parkings souterrains du quartier (Forum des Halles, Saint-Eustache, Rambuteau, Louvre) coûtent plus cher à l’heure mais deviennent nettement plus intéressants sur une journée entière, surtout en réservant un forfait en ligne à l’avance. Autre solution pour les familles qui arrivent de loin : laisser la voiture sur un parking relais en périphérie et terminer en RER jusqu’à Châtelet-Les Halles.

Cette journée nous a coûté un plein d’essence, un déjeuner et un parking, et elle restera comme l’une de nos meilleures sorties de l’année. Parfois, il suffit qu’un ourson de cent ans s’installe à trois heures de chez vous.

Questions fréquentes

Comptez une demi-journée en marchant tranquillement, soit environ 2 km entre le Forum des Halles et Notre-Dame. Avec une expo et un déjeuner, prévoyez la journée complète comme nous l’avons fait, de 11h à 18h.

Oui, entièrement. Le trajet est plat, les trottoirs sont larges et la place Stravinsky comme l’esplanade de l’Hôtel de Ville sont piétonnes. Seule contrainte réelle : la gare de Châtelet-Les Halles, où tous les couloirs ne sont pas équipés d’ascenseurs.

Non, le pop-up « À la recherche du ballon perdu » n’est resté que trois jours au Westfield Forum des Halles, du 7 au 9 mai. D’autres animations sont programmées pour le centenaire de l’ourson : surveillez le site de Disney France si vous voulez en attraper une.

La baignade et l’accès au bassin sont interdits, mais on s’assoit sans problème sur la margelle et les sculptures projettent régulièrement des embruns. Par temps chaud, prévoyez que les plus jeunes ressortent un peu mouillés.

L’entrée de la cathédrale est gratuite et la réservation n’est pas obligatoire, mais elle est vivement conseillée. Réserver un créneau sur le site officiel vous évite une file qui dépasse facilement une heure l’après-midi et le week-end.

Le niveau -3 du Westfield Forum des Halles concentre une vingtaine d’enseignes de restauration rapide et de restaurants, tous accessibles en poussette. Les terrasses de la place Igor-Stravinsky sont plus agréables mais nettement plus chères.

Dès 3 ou 4 ans pour la fontaine, les fresques et le jardin Nelson-Mandela, qui parlent immédiatement aux petits. Les explications historiques sur l’Hôtel de Ville et Notre-Dame passent mieux à partir de 7 ou 8 ans.

Comptez 5 à 6 € par capsule à la boutique Gashapon Bandai du 37 rue de Rivoli. Les machines n’acceptent que des jetons vendus 1 € à la caisse, à raison de 5 ou 6 jetons par tirage selon la machine.

Florent Bonpoint, voyageur et blogueur

Florent Bonpoint

Je m'appelle Florent BonPoint et je vis actuellement en Bourgogne avec ma femme et mes deux enfants. Originaire du pays des 6 Vallées dans la Vienne, je suis passionné de voyages et d'aventures. Je vous propose dans ce blog de vous faire découvrir mes astuces et bons plans de globe-trotter pour voyager en famille en France, en Europe et dans le monde entier ! J'ai créé ce blog car j'ai toujours eu envie de voyager depuis que j'ai lâché les études. Je me suis mis à écrire dans un premier temps pour partager mes expériences et mes coups de cœur. Je fais partie de ces personnes qui aiment se documenter sur les lieux qu'ils visitent. J'ai donc décidé de créer ce blog pour partager mes recherches et mes bons plans !

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